CUVITRU 200 mg/ml, solution injectable par voie sous-cutanée
Classe médicamenteuse
sérums immuns et immunoglobulines : immunoglobulines, humaines normales, pour administration extravasculaire | code ATC : J06BA01
Composition
Immunoglobuline humaine normale (Ig SC)
Un ml contient :
Immunoglobuline humaine normale……………………………………………………………............. 200 mg
(pureté d'au moins 98 % d'IgG)
- Chaque flacon de 5 ml contient : 1 g d'immunoglobuline humaine normale
- Chaque flacon de 10 ml contient : 2 g d'immunoglobuline humaine normale
- Chaque flacon de 20 ml contient : 4 g d'immunoglobuline humaine normale
- Chaque flacon de 40 ml contient : 8 g d'immunoglobuline humaine normale
- Chaque flacon de 50 ml contient : 10 g d’immunoglobuline humaine normale
Distribution des sous-classes d'IgG (valeurs approx.) :
- IgG1 ≥56,9 %
- IgG2 ≥26,6 %
- IgG3 ≥3,4 %
- IgG4 ≥1,7 %
La teneur maximale en IgA est de 280 microgrammes/ml.
Produit à partir du plasma de donneurs humains.
Indications thérapeutiques
Indications pour une administration par voie sous-cutanée (Ig SC)
Traitement substitutif chez l'adulte, l'enfant et l'adolescent (de 0 à 18 ans) atteint de :
- déficits immunitaires primitifs (DIP) avec altération de la production d’anticorps (voir rubrique 4.4) ;
- déficits immunitaires secondaires (DIS) chez les patients souffrant d’infections sévères ou récurrentes, sous traitement antimicrobien inefficace, et présentant soit un déficit avéré des anticorps spécifiques (DAAS)*, soit d’un taux d’IgG sérique de < 4 g/L.
-
* DAAS : défaut de réponse vaccinale définie par un échec du doublement du titre des anticorps IgG après un vaccin pneumococcique utilisant des antigènes polypeptidiques et polysaccharidiques.
Posologie et mode d'administration
Le traitement substitutif doit être instauré et surveillé par un médecin expérimenté dans la prise en charge des déficits immunitaires.
Posologie
La posologie et le schéma posologique dépendent de l’indication thérapeutique.
Le médicament doit être administré par voie sous-cutanée.
Dans le traitement substitutif, la posologie peut être adaptée à chaque patient en fonction des paramètres pharmacocinétiques et de la réponse clinique. La posologie selon le poids corporel peut nécessiter un ajustement chez les patients maigres ou obèses. Les schémas posologiques suivants sont donnés à titre indicatif.
Traitement substitutif pour les déficits immunitaires primitifs (tels que définis en 4.1)
Le schéma posologique doit assurer un taux résiduel d'IgG (mesuré avant la perfusion suivante) d'au moins 5 à 6 g/l et, si possible, se trouver dans l'intervalle de référence de l'IgG sérique pour l'âge. Une dose de charge d'au moins 0,2 à 0,5 g/kg (1 à 2,5 ml/kg) de poids corporel peut être requise. Il peut être nécessaire de la répartir sur plusieurs jours, avec une dose quotidienne maximale de 0,1 à 0,15 g/kg. Après équilibre des taux d'IgG, des doses d'entretien sont administrées à intervalles réguliers de façon à atteindre une dose cumulative mensuelle de l'ordre de 0,3 à 1,0 g/kg (voir rubrique 5.2 pour plus d'informations). Il peut être nécessaire d'injecter chaque dose dans différents sites anatomiques.
Le taux résiduel doit être mesuré et évalué en association avec l'apparition d'infections. Pour réduire la fréquence des infections, il peut être nécessaire d'augmenter la dose et de viser un taux résiduel plus élevé.
Traitement substitutif pour les déficits immunitaires secondaires (tels que définis en 4.1)
La dose recommandée est administrée à intervalles répétés pour parvenir à une dose mensuelle cumulée de l'ordre de 0,2 à 0,4 g/kg. Il peut être nécessaire d'administrer chaque dose unique sur des sites anatomiques différents.
Les taux résiduels d’IgG doivent être mesurés et évalués conjointement à l'incidence des infections. La dose doit être ajustée si nécessaire pour obtenir une protection optimale contre les infections. Il peut être nécessaire d'augmenter la dose chez les patients présentant une infection persistante ; une diminution de la dose peut être envisagée lorsque le patient reste exempt d'infection.
Population pédiatrique
La posologie chez l'enfant et l'adolescent (de 0 à 18 ans) est identique à celle de l'adulte car la posologie correspondant à chaque indication est mentionnée en fonction du poids corporel et ajustée aux résultats cliniques des indications susmentionnées.
Aucun essai clinique n'a été mené concernant l'utilisation de CUVITRU chez des enfants âgés de 0 à < 2 ans, mais l'expérience en matière d'administration d'immunoglobulines suggère qu'aucun effet néfaste n'est attendu en cas de traitement par CUVITRU dans cette tranche d'âge.
Mode d’administration
Par voie sous-cutanée uniquement.
CUVITRU doit être inspecté visuellement afin de détecter une décoloration ou d’éventuelles particules avant administration. Ne pas utiliser en cas de décoloration et/ou de présence de particules.
La perfusion doit débuter immédiatement après le transfert de CUVITRU dans la seringue. L’administration dure généralement maximum deux heures. S’il n’est pas possible d’administrer la dose complète en moins de deux heures à cause de la quantité nécessaire ou du débit d’administration de CUVITRU, la dose doit être divisée et administrée à différents sites de perfusion. Si CUVITRU reste dans des seringues siliconées pendant plus de deux heures, des particules visibles peuvent se former. Voir rubrique 4.4 pour plus de détails.
CUVITRU ne doit pas être dilué.
La perfusion sous-cutanée réalisée à domicile doit être instaurée et surveillée par un médecin expérimenté dans l'encadrement des patients traités à domicile. Des pompes à perfusion ou une administration manuelle à l’aide d’une seringue qui sont appropriées pour l'administration par voie sous-cutanée d'immunoglobulines peuvent être utilisées. Le patient ou l’aidant doit être formé à l’utilisation d'un pousse-seringue (assisté par un dispositif) ou d’une seringue (administration manuelle), aux techniques de perfusion, à la tenue d’un carnet de traitement, à la reconnaissance des effets indésirables graves et aux mesures à prendre en cas d’apparition de ceux-ci, voir rubrique 4.4.
CUVITRU doit être injecté dans des sites tels que l'abdomen, la cuisse, le haut du bras et la face latérale de la hanche.
L'ajustement de la vitesse et du volume de perfusion selon le site s'effectue en fonction de la tolérance du patient.
Débit de perfusion
CUVITRU peut être perfusé à l’aide :
d’un dispositif de perfusion, ou
d’une seringue par administration manuelle.
Le débit de perfusion initial recommandé dépend des besoins individuels du patient. Une augmentation du débit des perfusions successives peut être envisagée selon l’appréciation du patient et sur la base de l’avis des professionnels de santé.
Perfusion assistée par un dispositif :
Il est recommandé d'utiliser une vitesse d'administration initiale de 10 ml/h/site de perfusion. Si elle est bien tolérée (voir rubrique 4.4), le débit d'administration peut être augmenté a minima toutes les 10 minutes jusqu’à 20 ml/heure/site de perfusion au maximum pour les deux premières perfusions. Pour les perfusions suivantes, le débit de perfusion peut être augmenté selon la tolérance.
Plusieurs pompes peuvent être utilisées simultanément. La quantité de produit perfusé varie selon les sites. Chez le nourrisson et l'enfant, le site de perfusion peut être changé tous les 5 à 15 ml. Chez l'adulte, les doses supérieures à 30 ml peuvent être divisées selon les préférences du patient. Il n’y a pas de limites sur le nombre de sites de perfusion.
Perfusion par administration manuelle :
CUVITRU peut être administré à l’aide d’une seringue en un site de perfusion unique. Une nouvelle aiguille d’injection stérile doit être utilisée s’il est nécessaire d’administrer sur d’autres sites.
Le débit de perfusion maximal proposé est d’environ 1 à 2 ml par minute.
Le débit d’administration doit être adapté à la tolérance locale de chaque patient, qui peut dépendre du site de chaque perfusion sous-cutanée et de l’épaisseur de tissu sous-cutané du patient au niveau de ce site.
La quantité de produit perfusé en un site particulier varie. Chez le nourrisson et l’enfant, le site de perfusion peut être changé tous les 5 à 15 ml. Chez l’adulte, les doses supérieures à 30 ml peuvent être divisées selon les préférences du patient.
Voie d'administration
sous-cutanée
Contre-indications
Hypersensibilité aux substances actives ou à l'un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1 (voir rubrique 4.4)
Déficit sévère en IgA et antécédents d'hypersensibilité à un traitement par immunoglobuline humaine.
CUVITRU ne doit pas être administré par voie intravasculaire ni intramusculaire.
Mise en garde et précautions d'emploi
Traçabilité
Afin d'améliorer la traçabilité des médicaments biologiques, le nom et le numéro de lot du produit administré doivent être clairement enregistrés.
Si CUVITRU est accidentellement administré dans un vaisseau sanguin, les patients pourraient développer un choc.
Il convient de respecter scrupuleusement le débit de perfusion et les instructions d’administration recommandées indiquées à la rubrique 4.2. Les patients doivent être étroitement surveillés pendant toute la durée de la perfusion afin de détecter tout symptôme éventuel. Si le produit reste dans une seringue siliconée pendant plus de deux heures, des particules visibles peuvent se former.
Certains effets indésirables peuvent survenir plus fréquemment chez les patients recevant pour la première fois une immunoglobuline humaine normale ou, dans de rares cas, lors d'un changement d'immunoglobuline humaine normale ou lorsqu'un long intervalle s'est écoulé depuis la perfusion précédente.
Les complications peuvent souvent être évitées :
- en commençant par injecter le produit lentement (voir rubrique 4.2)
- en s'assurant que les patients sont étroitement suivis pendant toute la durée de la perfusion afin de détecter d'éventuels signes d'intolérance. En particulier, lors de la première administration d'une immunoglobuline humaine normale, lors d'un changement d'immunoglobuline humaine normale ou en cas d'interruption prolongée du traitement, le patient doit être maintenu sous surveillance pendant toute la durée de la première perfusion et pendant l'heure qui suit la fin de l'injection, afin de détecter les effets indésirables éventuels.
Tous les autres patients devront être maintenus en observation pendant au moins 20 minutes après la fin de la perfusion.
En cas d'effet indésirable, le débit d’administration doit être réduit ou la perfusion interrompue. Une suspicion d'hypersensibilité grave ou de réaction de type anaphylactique nécessite l'arrêt immédiat de l'injection. Le traitement requis dépend de la nature et de la sévérité de l'effet indésirable.
En cas de choc, un traitement médical standard du choc doit être instauré.
Une augmentation du nombre et de la gravité des effets indésirables peut survenir lorsque les patients commencent l’administration manuelle. Par conséquent, les patients pour lesquels une administration manuelle est envisagée doivent être stables sur le plan médical et formés de manière adéquate à la reconnaissance des effets indésirables graves et aux mesures à prendre en cas d’apparition de ceux-ci.
Hypersensibilité
Les véritables réactions allergiques sont rares. Elles peuvent survenir en particulier chez les patients avec présence d'anticorps anti‑IgA qui doivent être traités avec une prudence particulière. Les patients avec présence d'anticorps anti-IgA, pour lesquels le traitement par IgG par voie sous-cutanée reste la seule option, doivent être traités avec CUVITRU uniquement sous surveillance médicale étroite. CUVITRU contient des traces d'IgA (280 microgrammes/ml maximum).
Dans de rares cas, l'immunoglobuline humaine normale peut provoquer une chute de la pression artérielle associée à une réaction anaphylactique, même chez les patients ayant toléré de précédentes administrations d'immunoglobuline humaine normale.
Thrombo-embolie
Des événements thromboemboliques artériels et veineux, tels qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral, une thrombose veineuse profonde et une embolie pulmonaire, ont été associés à l’utilisation d’immunoglobulines. Il convient d'être particulièrement prudent avec les patients présentant des facteurs de risque pré-existants d'événements thromboemboliques (tels qu'un âge avancé, une hypertension, un diabète ou des antécédents de maladie vasculaire ou d'épisodes thrombotiques, des patients atteints de troubles thrombophiliques acquis ou congénitaux, des patients en immobilisation prolongée, des patients avec une hypovolémie grave, des patients souffrant de maladies augmentant la viscosité du sang). Les patients doivent être informés des premiers symptômes d'événements thromboemboliques, notamment la difficulté respiratoire, la douleur et le gonflement d'un membre, les troubles neurologiques focaux et la douleur thoracique, et ils doivent être avertis de la nécessité de contacter immédiatement leur médecin en cas d'apparition de ces symptômes.
Les patients doivent être suffisamment hydratés avant l'administration. Il convient de surveiller les signes et symptômes de thrombose et d’évaluer la viscosité du sang des patients présentant un risque d’hyperviscosité.
Complications rénales
Des cas d'effets indésirables rénaux sévères ont été rapportés chez des patients traités par immunoglobuline, particulièrement avec des produits contenant du saccharose (CUVITRU ne contient pas de saccharose). Il s'agissait notamment d'insuffisance rénale aiguë, de nécrose tubulaire aiguë, de néphropathie tubulaire proximale et de néphrose osmotique. Les facteurs d'exacerbation du risque de complications rénales englobent, sans s'y limiter, une insuffisance rénale pré-existante, un diabète, une hypovolémie, l'administration concomitante de médicaments néphrotoxiques, un âge supérieur à 65 ans, une septicémie, une hyperviscosité et une paraprotéinémie.
Syndrome de méningite aseptique (SMA)
Le syndrome de méningite aseptique (SMA) a été signalé en association avec l'administration d'immunoglobuline, y compris CUVITRU (voir rubrique 4.8 Effets indésirables – Post commercialisation). Le SMA peut être plus fréquent chez les patients de sexe féminin.
L’interruption du traitement par immunoglobuline peut résulter en une rémission sans séquelle du SMA après plusieurs jours. Les symptômes se déclarent généralement plusieurs heures à 2 jours après le traitement par immunoglobuline. Les analyses du liquide céphalo-rachidien montrent fréquemment une pléocytose pouvant atteindre plusieurs milliers de cellules par mm3, majoritairement de la lignée granulocytaire, ainsi que des taux de protéines élevés, jusqu'à plusieurs centaines de mg/dl.
Les patients doivent être informés des premiers symptômes, à savoir fortes céphalées, raideur de la nuque, endormissement, fièvre, photophobie, nausées et vomissements.
Hémolyse
CUVITRU contient des anticorps anti-érythrocytaires susceptibles d'agir comme des hémolysines et d'induire in vivo le recouvrement des globules rouges par de l'immunoglobuline. Cela peut entraîner un résultat positif au test direct à l'antiglobuline (TDA, test direct de Coombs) et, dans de rares cas, une hémolyse. Une anémie hémolytique différée peut se développer suite à un traitement par immunoglobuline en raison de la séquestration accrue de globules rouges. Des cas d'anémie hémolytique aiguë, correspondant à une hémolyse intravasculaire, ont été rapportés.
Interférence avec les tests sérologiques
Après une injection d'immunoglobulines, l'augmentation transitoire de la concentration des divers anticorps transférés passivement dans le sang des patients peut être responsable de résultats faussement positifs lors de dosages sérologiques, notamment concernant l'hépatite virale A et B, la rougeole et la varicelle. La transmission passive d'anticorps contre les antigènes de surface érythrocytaires (p. ex. A, B, D) peut interférer avec certains tests sérologiques portant sur les anticorps anti-érythrocytaires tels que le test direct à l'antiglobuline (TDA, test direct de Coombs).
L'administration de CUVITRU peut engendrer des résultats faussement positifs dans des tests qui dépendent de la détection de bêta‑D‑glucanes pour diagnostiquer des infections fongiques. Ces données peuvent persister pendant les semaines qui suivent la perfusion du produit.
Agents transmissibles
Les mesures standard de prévention du risque de transmission d’agents infectieux par les médicaments préparés à partir de sang ou de plasma humain comprennent la sélection des donneurs, la recherche des marqueurs spécifiques d’infection sur chaque don et sur les mélanges de plasma, ainsi que la mise en œuvre dans le procédé de fabrication d’étapes efficaces pour l’inactivation/élimination virale. En dépit de cela, le risque de transmission d’agents infectieux par l’administration de médicaments préparés à base de sang ou de plasma humain ne peut être totalement exclu. Ceci s’applique également aux virus inconnus ou émergents et aux autres types d’agents infectieux.
Les mesures prises sont considérées comme efficaces pour les virus enveloppés, tels que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus de l’hépatite B (VHB) et le virus de l’hépatite C (VHC) et pour les virus non enveloppés de l’hépatite A et du parvovirus B19.
L'expérience clinique est rassurante, ne rapportant pas de transmission du virus de l’hépatite A ni du parvovirus B19 par les immunoglobulines, les anticorps présents contribuant probablement à la sécurité virale du produit.
Il est fortement recommandé, à chaque administration de CUVITRU à un patient, d’enregistrer le nom et le numéro de lot du médicament afin de maintenir un lien entre le patient et le lot du produit.
Population pédiatrique
Les mises en garde et précautions d'emploi mentionnées s'appliquent aux adultes comme aux enfants.
Condition de prescription
prescription hospitalière
Groupe générique
Non renseigné
Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Important
Présentation : 1 flacon en verre de 5 mL
Prix : non disponible
Taux de remboursement : 0%
Titulaire : BAXALTA INNOVATIONS (AUTRICHE)