VINCRISTINE HOSPIRA 2 mg/2 ml, solution injectable
Classe médicamenteuse
Vinca-alcaloïdes | code ATC : L01CA02
Composition
Sulfate de vincristine................................................................................................................ 2 mg
1 ml de solution injectable contient 1 mg de sulfate de vincristine.
Indications thérapeutiques
Monochimiothérapie :
- leucémies aiguës lymphoblastiques (en association avec des corticoïdes),
- purpura thrombopénique idiopathique résistant aux traitements usuels.
La vincristine ne doit jamais être utilisée comme traitement de première intention et en l'absence de réponse après 3 à 6 semaines, il est inutile de poursuivre le traitement.
Polychimiothérapies :
- leucémies aiguës lymphoblastiques,
- maladie de Hodgkin,
- lymphomes non Hodgkinien,
- cancer du poumon,
- cancer du sein,
- cancer du col utérin,
- myélome,
- rhabdomyosarcomes,
- neuroblastomes,
- néphroblastomes,
- tumeurs embryonnaires de l'enfant,
- sarcomes d'Ewing,
- ostéosarcomes.
Posologie et mode d'administration
Posologie
Il est recommandé une extrême prudence dans le calcul et l'administration de la dose à injecter.
En monothérapie, l'administration est hebdomadaire. En association à d'autres antinéoplasiques, le rythme des injections est fonction du protocole, il est le plus souvent mensuel.
- Chez l'enfant : la dose usuelle est de 1 à 2 mg/m2 de surface corporelle.
- Chez l'enfant pesant 10 kg ou moins, la dose de départ doit être de 0,05 mg/kg une fois par semaine.
- Chez l'adulte : la dose usuelle est de 1,4 mg/m2 de surface corporelle.
En cas d'insuffisance hépatocellulaire ou d'élévation de la bilirubine conjuguée d'une valeur supérieure ou égale à 10 fois la normale, la dose de vincristine doit être diminuée de 50 % (voir rubrique 5.2).
Mode d’administration
Ce médicament ne s'utilise que PAR VOIE INTRAVEINEUSE STRICTE, soit par injection intraveineuse (IV directe), soit par perfusion (IV) selon le protocole de traitement et sous surveillance constante.
La vincristine doit être administrée par des personnes expérimentées (voir rubrique 6.6).
Injection - IV directe
L'injection directe dans la veine (IV directe) peut être réalisée en une minute environ.
Perfusion intraveineuse
Il est recommandé de diluer la vincristine dans un contenant en plastique flexible (poche de perfusion), et de l’injecter via un cathéter ou une aiguille intraveineuse ou dans la tubulure d’une perfusion intraveineuse de sérum physiologique ou de glucose, selon ce qui convient le mieux au patient (voir rubrique 6.2). Il est recommandé d'administrer la solution en perfusion intraveineuse rapide de 5 à 10 minutes après dilution dans une poche de perfusion de 50 ml (50 ml de chlorure de sodium ou tout autre diluant compatible). Il faudra surveiller attentivement l'absence d'extravasation, susceptible de causer une ulcération locale.
Cette reconstitution vise à éviter les erreurs de voie d'administration, potentiellement mortelles. Il est recommandé d’étiqueter l’indication « Voie injectable intraveineuse stricte – Issue mortelle en cas d’injection par d’autres voies » sur la poche de perfusion.
Attention : l'administration intrathécale ou toute voie autre que la voie intraveineuse peut être fatale (voir rubriques 4. 3 et 4.4).
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Attention : il est extrêmement important de s'assurer que l'aiguille est correctement introduite dans la veine avant de commencer l'injection. En cas d'extravasation, peut survenir une cellulite voire une nécrose. Il convient alors d'interrompre immédiatement l'injection et d'aspirer le maximum de produit extravasé, la quantité restante doit être administrée par une autre veine. L'injection locale de hyaluronidase 250 UI/ml, 1ml en sous cutanée autour de la lésion ou l'application de chaleur modérée facilitent la diffusion du produit et semblent réduire le risque de cellulite. |
Modalités de manipulation
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La préparation des solutions injectables de cytotoxiques doit être obligatoirement réalisée par un personnel spécialisé et entraîné ayant une connaissance des médicaments utilisés, dans des conditions assurant la protection de l'environnement et surtout la protection du personnel qui manipule. Elle nécessite un local de préparation réservé à cet usage. Il est interdit de fumer, de manger, de boire, dans ce local. Les manipulateurs doivent disposer d'un ensemble de matériel approprié à la manipulation, notamment blouses à manches longues, masques de protection, charlotte, lunettes de protection, gants à usage unique stériles, champs de protection du plan de travail, conteneurs et sacs de collecte des déchets. Les excreta et les vomissures doivent être manipulés avec précaution. Les femmes enceintes doivent être averties et éviter la manipulation des cytotoxiques. Tout contenant cassé doit être traité avec les mêmes précautions et considéré comme un déchet contaminé. L'élimination des déchets contaminés se fait par incinération dans des conteneurs rigides étiquetés à cet effet. |
Ces dispositions peuvent être envisagées dans le cadre du réseau de cancérologie (circulaire DGS/DH/98 n° 98/188 du 24 mars 1998) en collaboration avec toute structure adaptée et remplissant les conditions requises.
Voie d'administration
intraveineuse
Contre-indications
Ce médicament est contre-indiqué dans les cas suivants :
- neuropathie périphérique sévère,
- allaitement,
- en association avec les vaccins vivants atténués (risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle),
- en association avec le millepertuis,
- chez les patients ayant montré des signes d'hypersensibilité à la vincristine ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1,
- chez les patients atteints d’une forme démyélinisante de la maladie de Charcot-Marie-Tooth.
Ce médicament est généralement déconseillé pendant la grossesse,
Mise en garde et précautions d'emploi
Mises en garde spéciales
ATTENTION VOIE INTRAVEINEUSE STRICTE.
Cette préparation doit être utilisée par voie intraveineuse uniquement. Elle doit être administrée par des médecins expérimentés dans l’administration du sulfate de vincristine. Le sulfate de vincristine ne doit pas être injecté en intrathécal, en intramusculaire ou en sous-cutané. L’administration intrathécale de sulfate de vincristine entraîne généralement le décès (voir rubriques 4.2 et 4.3).
Traitement d'urgence en cas d’administration intrathécale
En cas d’administration intrathécale accidentelle, une intervention neurochirurgicale immédiate s’avère nécessaire afin d’éviter la paralysie ascendante conduisant au décès. Chez un très petit nombre de patients, la paralysie mettant le pronostic vital en jeu et le décès consécutif ont été évités, mais les séquelles neurologiques résultantes ont été dramatiques et la récupération limitée.
D’après les données publiées sur la prise en charge de ces cas de survie, si la vincristine est administrée par voie intrathécale par erreur, le traitement suivant doit être instauré tout de suite après l’injection :
- Prélèvement d’un volume de liquide céphalo-rachidien (LCR) aussi important que possible (dans la mesure où la sécurité du patient est assurée) par ponction lombaire.
- Introduction d’un cathéter épidural dans l’espace sous-arachnoïdien via l’espace intervertébral situé au-dessus de l'endroit où la ponction lombaire est réalisée et irrigation du LCR par une solution de Ringer lactate. Du plasma frais congelé doit être demandé et, lorsqu’il est disponible, en ajouter 25 ml par litre de solution de Ringer lactate.
- Pose d’un drain ou d’un cathéter intraventriculaire par un neurochirurgien et poursuite de l’irrigation du LCR avec absorption du liquide par l’accès lombaire relié à un système de drainage fermé. La solution de Ringer lactate doit être administrée par perfusion continue à la vitesse de 150 ml/h, ou de 75 ml/h si du plasma frais congelé a été ajouté comme indiqué ci-dessus.
La vitesse de perfusion doit être ajustée afin de maintenir un taux de protéines de 150 mg/dl dans le LCR.
Le sulfate de vincristine est vésicant et peut provoquer une réaction locale sévère ou une extravasation, voir « Attention » dans la rubrique 4.2.
L'injection locale de hyaluronidase et l'application de chaleur modérée au site d'extravasation facilitent la diffusion du produit et limite au minimum la gêne et le risque de cellulite.
Une néphropathie aigüe due à l’acide urique, pouvant se produire après l’administration d’agents oncolytiques a également été rapportée avec le sulfate de vincristine.
Les mesures suivantes ont également été mises en œuvre, mais ne sont probablement pas essentielles :
- Administration d'acide folinique par voie intraveineuse sous forme d'un bolus de 100 mg, puis d'une perfusion continue à la vitesse de 25 mg/h pendant 24 heures, puis de bolus de 25 mg toutes les 6 heures pendant 1 semaine.
- Administration intraveineuse de 10 g d'acide glutamique sur 24 heures, suivie de 500 mg trois fois par jour par voie orale pendant un mois.
- Administration de pyridoxine à la dose de 50 mg toutes les 8 heures par perfusion intraveineuse sur 30 minutes.
Le rôle de ces mesures dans la réduction de la neurotoxicité est incertain.
Lors de la chimiothérapie anticancéreuse associant la vincristine en administration intraveineuse à des médicaments administrés par voie intrathécale, dissocier dans le temps l’administration intraveineuse de vincristine et l’administration intrathécale d’autres anticancéreux.
Voir rubrique 4.2 pour les modalités d’administration.
Tout contact de la solution avec l'œil doit être évité (risque d'irritation importante voire d'ulcération de la cornée si le produit est projeté sous pression).
En cas de contact accidentel, laver l'œil immédiatement et abondamment avec de l'eau et prendre un avis ophtalmologique.
En cas de projection accidentelle sur la peau, laver abondamment avec de l'eau puis au savon doux et rincer abondamment.
Précautions d'emploi
- Prudence chez tous les patients présentant une pathologie cardiaque ischémique (voir rubrique 4.8).
- Prudence chez les patients atteints de neuropathie préexistante ou en cas d'association à des médicaments potentiellement neurotoxiques. Une surveillance plus étroite du risque neurotoxique et une éventuelle adaptation posologique sont recommandées chez de tels patients.
- Un dysfonctionnement hépatique peut augmenter les taux sanguins et la demi-vie plasmatique de la vincristine avec majoration des effets indésirables. La posologie devra être adaptée chez ces patients (voir rubriques 4.2 et5.2).
- Un contrôle de la numération formule sanguine doit être réalisé avant chaque injection. En présence d'une neutropénie ou d'une infection, la poursuite du traitement doit être discutée.
- Surveillance plus étroite des patients présentant une dépression médullaire due à un traitement antérieur ou bien à la maladie elle-même, en raison du risque accru de leucopénie et de thrombocytopénie d’évolution potentiellement fatale.
- Le sulfate de vincristine est moins susceptible d’induire une leucopénie que d’autres agents anticancéreux. C’est généralement la toxicité neuromusculaire, plus que la toxicité médullaire, qui limite la dose. Cependant, en raison de la survenue possible d'une leucopénie, le médecin et le patient doivent tous deux resté attentifs à tout signe d’infection qui viendrait compliquer le tableau clinique. En cas de leucopénie ou d'infection concomitante, l'administration de la prochaine dose de sulfate de vincristine nécessite d'être attentivement examinée.
- La vincristine pouvant entraîner une néphropathie urique lors de la lyse tumorale des leucémies aiguës, il est recommandé d'alcaliniser les urines, de contrôler l'uricémie et d'administrer un inhibiteur de l'uricosynthèse.
- Un régime préventif de la constipation est recommandé chez les patients traités.
Comme le sulfate de vincristine traverse peu la barrière hémato-encéphalique, il se peut que d’autres agents et voies d’administration soient nécessaires pour les leucémies qui envahissent le système nerveux central.
L’effet neurotoxique du sulfate de vincristine peut s’ajouter à celui d’autres agents neurotoxiques ou être accentué par l’irradiation de la moelle épinière ou une maladie neurologique. Il est possible que les personnes âgées soient plus sensibles aux effets neurotoxiques du sulfate de vincristine.
Les tests biologiques réalisés à la fois in vivo et in vitro n’ont pas été en mesure de démontrer avec certitude que ce produit est mutagène. La fécondité après un traitement par vincristine seule pour traiter une pathologie maligne n’a pas été étudiée chez l’Homme. Les rapports cliniques portant sur des hommes et des femmes ayant reçu une polychimiothérapie qui incluait la vincristine indiquent qu’une azoospermie et une aménorrhée peuvent survenir chez les patients post-pubères. Une guérison a eu lieu plusieurs mois après la fin de la chimiothérapie chez certains patients seulement. Lorsque le même traitement est administré à des patients pré-pubères, il y a beaucoup moins de risque qu’il provoque une azoospermie ou une aménorrhée permanente.
Les patients qui ont reçu une chimiothérapie par vincristine en association avec des médicaments anticancéreux connus pour être cancérogènes ont développé des tumeurs secondaires. Le rôle de la vincristine dans ce phénomène n’a pas été déterminé. Aucun élément en faveur d’un effet cancérogène de la vincristine n'a été observé à la suite d’une administration intrapéritonéale chez le rat et la souris, même si cette étude était limitée.
Des mesures contraceptives doivent être prises par les patients de sexe masculin et féminin pendant le traitement et au moins 7 mois après l’arrêt du traitement chez la femme et au moins 4 mois après l’arrêt du traitement chez l’homme (voir rubrique 4.6).
Utilisation Pédiatrique
Le sulfate de vincristine est utilisé chez les patients pédiatriques atteints de tumeurs solides.
Interactions
Ce médicament est déconseillé en association avec la phénytoïne (et par extrapolation fosphénytoine), le crizotinib, l’idélalisib, les inducteurs enzymatiques, les inhibiteurs puissants du CYP3A4 et l’olaparib (voir rubrique 4.5).
Des difficultés respiratoires aiguës et des bronchospasmes sévères ont été rapportés après l’administration de vinca-alcaloïdes. Ces réactions ont été le plus souvent rencontrées après l’administration de vinca-alcaloïdes en association avec la mitomycine C et peuvent devenir sérieuses lorsqu’une dysfonction pulmonaire préexiste.
La réaction peut survenir de quelques minutes à plusieurs heures après l’administration d’un vinca-alcaloïdes ou jusqu’à 2 semaines après une dose de mitomycine. Une dyspnée progressive nécessitant une thérapie chronique peut se produire. La vincristine ne doit pas être ré-administrée (voir rubrique 4.5).
L'utilisation conjointe de médicaments ayant une ototoxicité augmente le risque d’atteinte cochléo-vestibulaire. Si une telle association est nécessaire, il convient de renforcer la surveillance de la fonction auditive. Les médicaments concernés sont, notamment, les glycopeptides tels que vancomycine et teicoplanine, les aminosides, les organoplatines et les diurétiques de l’anse (voir rubrique 4.5).
Excipient
Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par dose, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».
Condition de prescription
médicament nécessitant une surveillance particulière pendant le traitement
Groupe générique
Non renseigné
Forme pharmaceutique
Non renseigné
Divers
Service Médical Rendu (SMR) : Non disponible
Présentation : 5 flacon(s) en verre suremballée(s)/surpochée(s) un film plastique (Onco-Tain®) de 2 ml
Prix : 75.87
Taux de remboursement : 100%
Titulaire : PFIZER HOLDING FRANCE